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20.05.2007

QADISHA

Mes pas avalent le sable,
Dérobent les chemins.
Ils, savamment égrenés,
Se glissent dans le passage
Coulant sur les grands pans des anciens rêves.
Sur mes talons, la vallée
Fuit l'entonnoir de la rancune humaine.
Du bâillon des armes,
Pend encore la morsure
Du dernier souffle dans la poussière...

Je l'arpente, dans le matin tiédi,
Mes mains au soleil,
Jusqu'au détour d'une fausse nuit élégante:
Sous le grand rocher
Pendu comme un lambeau
De chair blanche
Sous la chênaie et l'olivier.
En cavale jusqu'au cirque obturé
D'un large et frais bouchon de cèdres,
J'agrippe le profil lourd de la Terre des Saints.
Alors, mes pensées empruntent
Le bleu insidieux, la courbe des prières
Où bute l' espoir aux portes de l' abîme.
Qadisha, Vallée Sainte...