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14.10.2006

paysages

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L’ ARRIVEE A BEIRUT

A l’approche de Beyrouth, l’avion s’incline après avoir sorti les volets et le train. L’hôtesse nous annonce l’arrivée en arabe puis en anglais. L’appareil descend et cachant mon émotion en me récitant les manœuvres d’approche , je jette un regard vers le hublot. Dans la nuit, on ne voit de Beyrouth qu’une multitude de points lumineux qui s’étendent comme une guirlande tout le long de la côte. Raouché est invisible pour moi, seuls les libanais savent apercevoir le mince ruban blanc et roux qui constitue la côte sur cent kilomètres.
On devine la montagne proche grâce aux villages alentour qui scintillent comme des lucioles. La capitale baigne dans un halo orangé qui se prolonge à la sortie de l’avion. Cette lumière ajoute encore de la chaleur qui m’arrache à l’avion ; un car bondé… plutôt un autobus, nous livre dans l’aéroport, encore en construction. Il est 23 heures, la température est de 29 degrés, mes premiers beyrouthins sont en kaki avec mitraillettes. Le pays est occupé, c’est une démonstration . Je m’attendais à une sévère pagaille, mais tant bien que mal, chacun trouve sa file d’attente. « Etrangers » je suis la file tandis que Sabah se place au comptoir « Libanais »… « Etrangers »…Je ne sais même plus combien de fois j’ai du présenter mon passeport. Un porteur libre pose les bagages sur un chariot et nous passons le dernier barrage pour accéder au hall d’accueil.
Accueil, oui ! Des centaines de personnes sont agglutinés derrière les barrières, apostrophant les familles, criant leur joie comme des fans à la sortie d’une star. Des yeux pétillent, les visages s’éclairent de larges sourires,dès qu’ on aperçoit celui ou celle qui vit loin de chez lui, loin de sa famille et des traditions . Je n’avais, de ma vie, entendus des larmes aussi bruyantes. Le cœur chaviré, j’aperçois Bassam qui s’avance, me prend dans ses bras comme si j étais un frère. Bienvenue, Ahlan, oui je ressens peut-être pour la première fois le sens du mot Bienvenue. Rien, nous ne faisons plus rien, Bassam se charge de tout, il paie le porteur, amène la voiture. Pendant qu’il est parti une cohorte de « taxis » klaxonnent pour nous emporter, et, parfois avec insistance. Ce qui donne un concert cacophonique ponctué du cris des voyageurs qui s’apostrophent … Premier bain dans la nuit bruyante de beyrouth. Bassam est de retour, impossible de l’aider à charger les bagages, il nous ouvre les portes, règle la clim. trop chaud ? trop froid ? Bienvenue au Liban ! Ces mots résonnent dans ma tête. Passées les chicanes de blocs de bétons déposés sur l’avenue de l’aéroport, on roule dans la nuit, par des routes cahotantes, nous traversons des terre-pleins, coupons des carrefours sans priorité , nous glissons entre les voitures et quand je dis voitures, quelles voitures ! des ferrailles roulantes, sans feux, parfois sans portières, des limousines d’un autre âge, des camions aux mille couleurs chargés de ballots sur deux fois la hauteur du véhicule ! Ah un 4x4 de luxe, intérieur cuir, assise à l’arrière, une femme superbe qui jette un regard sombre et profond sur la nuit de Beyrouth. Tiens, un reste de Peugeot : le pare-choc arrière traîne sur l’asphalte , illuminant le sol d’une pluie d’étincelles. Et, là, plus incroyable, un feu, un bon feu tricolore, , rassurant, civilisé, merveille de protection pour les humains citadins. Oh, le beau feu si fier d’être rouge ! … nous passons sans ralentir, juste un coup d’œil à droite et à gauche. Impressionnant la conduite au Liban c’est presque de l’art et tout ça presque sans feux tricolores ni panneaux …C’est le code de l’avertisseur, de la débrouillardise, parfois de l’élégance, souvent de la force. Les premiers palmiers longeant l’avenue sont poussiéreux…On distingue mal les zones de travaux, des zones détruites, pourtant les monuments sont illuminés comme à Paris, avoisinant, les façades criblées de mitrailles et d’éclat d’obus. Les balcons pendent au-dessus des carcasses calcinées de véhicules. Parfois conservées dans un piteux état, les maisons typiques libanaises sont restaurées à l’identique, d’autres, selon le budget, réparées à grands renforts de parpaings …Nous passons l’ancienne ligne des combats, la cible des snipers, la fameuse ou plutôt l’horrible ligne verte, Bassam nous désigne le Musée dont une partie du patrimoine a été sauvée des combats par son conservateur : la collection est descendue dans les profondeurs des caves. Autour du Musée la ville ne semble que poussière et mélancolie. La cité, maintes fois rebâtie par le passé, est blessée et la gangrène s’est installée . La culture irraisonnée du béton gagne malheureusement du terrain.

Plus loin sur l’autostrade, la nuit sombre cache les plaies de Beyrouth. On ne devine que quelques éclairs bleus d’écrans de télévision et quelques flash de spots publicitaires animés par l’électricité piratée. Soudain , après un long tunnel, nous sommes transportés dans un autre monde, la lumière règne, domine les hauteurs et la côte. La cité a gagné sur les flancs des montagnes livides parsemées des étoiles entrevues de l’avion, ce ne sont que les fenêtres des centaines d’immeubles poussés comme des champignons sur la pente. Ici, c’est le règne du néon qui impose les grandes marques de boissons fraîches, de lessives et cigarettes, le grand show de la consommation. Mais c’est un cri dans la nuit beyroutine, comme les klaxons incessants, les appels hurlés quand la plupart des citadins dorment, comme les autoradios poussés au maximum, un cri pour dire que peut-être les libanais existent malgré la guerre, qu’ils sont vivants malgré le vide.





Paysages par les peintres libanais

L' OLIVIER

medium_olivier.3.jpg L’olivier

J ’écoute mon cœur, il bat la solitude au lent rythme des pas égarés. Dans ces collines, peut être sept autour du village, dans ces carrés semés de pierres blanches, l’olivier caresse avec obstination le bleu céleste de ses bras figés. Le soleil indifférent flambe les yeux et la terre. Mon cœur demande au bois ce qu’il ne sait peut être pas. Tout ce qui s’est passé, de sang, d’amour et d’eau, de sueur, de poudre et d’ans.
« Que dis-tu en ton tronc tourmenté ? Que nous passons trop vite ? A quoi rêves-tu, oh âme au corps enlacée ?
Aux milliers de feuilles chaque jour en disgrâce qui se terrent à tes pieds ?
Quoi ? Avec quelle voix rauque m’enseignes-tu de ton palais d’ors et de pierrailles ? Que sais-tu, toi qui n’a jamais voyagé, semé là où la nuit s’emplit du chant des grillons, où le jour lourd impose sa lenteur ?
Que sais-tu des oiseaux disparus derrière le grand drap bleu sentant la poudre ?
Je reviendrai et tu me répondras. Garde pour moi les secrets en ton corps noueux… je reviendrai.




medium_village_sanguine.jpgLA PROMENADE A CHABTINE
Le silence frère de la nuit s’installe. Le ciel sans fatigue pousse le soleil,au loin, vers les falaises . Raouché s’éclairera d’un spectre orange qui fera peut-être oublier la misère ou les soucis des beiroutins sur la corniche.
Ici à Chebtine, le soir tisse ses bruits calmes. Nous marchons vers la ferme. Les néfliers aux ombres qui s’étendent, courbent et grimacent sous le poids de leurs fruits juteux. Les oliviers prennent une teinte vert sombre, quelques éclats d’argent nous rappellent que le soleil est encore là. Les moustiques nous entourent déjà et susurrent à l’appel du sang. Sous la ramure entre les pierres relevées des murets, pleure un enfant, c’est un syrien qui tente de dormir sous les bâches d’une toile de plastique jaunâtre, campement sommaire qui, peu à peu s’agrémente de tapis, réchauds et berceau de récupération. Les parents boivent le dernier thé de la journée ou bien le café turque qu’ils avalent à petites goulées en racontant peut-être de rêves anciens, du temps des chameaux et des riches oasis. Je tente un mahraba maladroit et la troupe nous invite à prendre place… ahlan, ahlan… mais avec un geste je refuse l’invitation car je ne parle pas arabe et surtout je tiens à monter respirer l’air plus frais dans la montagne. Une chèvre à l’attache broutant quelques maigres touffes d’herbes jaunes relève la tête et semble s’indigner d’un tel manque de civilité. Un jour je me ferai pardonner cette offense aux lois de l’hospitalité.
Plus loin, à notre approche les criquets cessent leurs chants d’amour. D’instinct nos yeux cherchent leurs caches sous les pierres encore chaudes. Un renard fait résonner son cri dans la vallée, d’autres répondent en meute. Les chiens menacent puis tout se tait. Cela me rappelle un autre soir où j’étais sorti derrière la maison, un bâton à la main voulant chasser ces voleurs du jardin: ce qui avait tordu de rire ma seconde mère du Liban car c’était l’écho qui rendait les bêtes si proches. Je ne connaissais pas encore cette montagne, Dieu seul sait si un jour je viendrais à elle.
Dans l’oued, mort pour l’été, les hommes ont laissé leurs traces et l’odeur fétide sème le désordre et le doute dans nos pensées. Au loin, en bas du village, les premiers bruits humains de la nuit : une fête … un anniversaire ?
Tout se fête pour combler le vide de l’après-guerre et tard dans la nuit, pétards et feux d’artifice crèveront le ciel serein. Tout près, les moteurs démarrent et une première fenêtre s’allume. On oublie le ronflement qui dessert le haut du village en électricité en s’éloignant vers les terrasses d’oliviers. D’ici la petite chapelle sur la colline d’en face,est encore visible. A l’opposé, Saint Sarkis veille sur ses fidèles, la croix éclairée tremble comme une bougie de veille. L’oiseau de l’oued pousse son piaillement aigu , bien caché dans les chênes tordus, Nous ne l’avons pas encore identifié ; en le cherchant des yeux, j’aperçois la croix illuminée au néon sur la nouvelle église et je me dis que Dieu et le modernisme ne font pas toujours bon ménage. Une forme discrète de femme entre furtivement dans la première maison du hameau. Après le tournant, sous l’olivier géant qui plonge ses racines dans le torrent asséché, la fraîcheur tombe enfin. On entend les cloches des vaches qui se bouscule pour passer la nuit. L’étable n’est pas loin et je suis saisi d’une odeur de village alpin. Ici c’est comme un petit bout de France, des maisons accrochées à la pente, de la pierre, du rocher, mais aussi une ombre apaisante de chênes et de sapins, mêlée aux parfums de l’alpage.
C’est ici notre but:respirer l’odeur d’une ferme de mon enfance.




LES CEDRES DE DIEU

Aujourd’hui, le temps est clément, c’est à dire aéré avec un thermomètre résolument sous les trente degrés. Nous décidons d’aller jusqu’à la forêt de cèdres de Bcharré. Nous passerons par Batroun et suivrons le littoral par l’autostrade. Un peu avant Chebka, nous grimpons vers Amioun : direction Ehden. Un détour par le sud par le Mont Saint Elias et nous suivons la déchirure de la Vallée Sainte, la Qadisha. Quelques virages dégagés nous laisse saisir la masse imposante et rose du Cornet es Saouda : le sommet noir. Il est pourtant blanc, à plus de trois mille mètres les névés posent leur miroir paresseusement sur la pente. Près des sources abondantes, l’arak est servi avec de la neige fraîche ! D’autres points de vue nous offrent d’impressionnantes et mystérieuses gorges creusées par le fleuve né au pied des Cèdres. L’œil habitué à la brume de chaleur perçoit les chapelles, les ermitages accrochés au parois abrupt des falaises.
La route est longue vers les Cèdres. En temps, car la pente est raide, les virages serrés et le roulis permanent. Il est bon de prendre le nécessaire pour l’auto. De l’eau pour le radiateur, de l’eau pour les passagers sujet au mal des transports.
Enfin nous parvenons à Bcharré, aux fameux Cèdres de Dieu. Des deux côtés de la route s’alignent des bazars où sont exposés des milliers d’articles en bois de cèdre… importé !
Près de l’entrée, nous payons une modeste contribution destinée à l’entretien du site. Nous descendons un raidillon qui glisse vers une zone de reboisement. Les cèdres plantés là
font une trentaine de centimètres.
Il me faudra bien attendre cent à deux cents ans pour m’abriter sous leur ombres délicates. En Europe, les futaies nous couvrent de leur ombre épaisse. Ici, au contraire, la forêt est lumineuse, transparent comme la dentelle. L’antique forêt de cèdres qui recouvrait le Liban a disparu par la mer. Au-dessus des sentes, les géants semblent pétrifiés, indifférents, résignés d’avoir trop souffert à côtoyer les hommes des siècles durant. Certains pourtant sont millénaire ! Trois mille années de pillage sont venus à bout des colosses, témoins de l’histoire humaine. Les survivants sont de réfugiés fuyant la dernière guerre de clans, au bout d’une vallée profonde qu’on dit sainte.
On respire peu la légende de Lamartine, venu clamer ses vers face à la pente. Je ne parviens pas à imaginer le poète écrire ici malgré le témoignage d’un pauvre cèdre foudroyé et ressuscité par des couches épaisses de vernis couvrant les sculptures d’un artiste local.
... Le pauvre être se dresse, orangé comme un cadavre embaumé et cireux. Etrange monument à la gloire du français !
Autour, les troncs énormes portent leur ramure étagée comme les gradins d’un théâtre, observateur séculaire. Leur écorce est de l’ocre de la terre dont ils sont les fils. Eux ne l’ont pas oublié. Fils de la Terre, regagnerez-vous cette fierté légendaire, ce port altier que l’on vous trouve égarés dans nos cités et parcs d’occident ? Ici la forêt va-t-elle revivre ? Fragile espoir de paix que ces arbrisseaux à la ramure chétive !Deviendront-ils pour nos descendants une nouvelle merveille ?
Entre les pierres sèches, dans la terre rousse, ces pousses deviendront-elles les prochains
chefs d’œuvre du créateur ?
C’est vrai, j’allai aux Cèdres pour rencontrer Dieu. Je n’ai rencontré que l’espoir dans la chaleur sans ombre d’un bosquet… et un mauvais restaurant qui m’a plongé deux jours dans des luttes intestines ! Alors en rêve, j’imagine les vagues paisibles des frondaisons couvrir les pentes de la montagne. Les hommes de blanc vêtus viennent respirer les essences divines. Elles s’infiltrent doucement dans les tissus plantant les graines de l’amour et de la prospérité… J’imagine l’hiver le couple cèdre et neige traçant leurs courbes en un tableau immortel. Souvenir magique, mémoire de Dieu apaisant les folies…
Quand le soleil glisse une caresse sur vos cimes, on sent un appel lancé vers le ciel, cherchant à se dégager de la panse des rochers. Quand la nappe de dentelle du mont Sannine rosit, l’air au loin allonge son ombre nostalgique.
Quelques nuages viennent se plaquer tout contre le soleil festonnant le silence. Dans la vallée profonde, soir et nuit se confondent et l’on entend déjà les prédateurs.
La vie a écrit sur le flanc du mont, en lettres de sève, le cri d’espoir des arbres assassinés. Cèdres, laissez-moi vous aimer, moi, humain, juste un insecte qui passe !





Arz

Une prophétie impalpable
Voix montée des cèdres
Sur les flancs ondoyants
Du féminin Sannine
Fait écho encore à la hache
Glorieuse oraison entendue
Nous-nous en irons vers la mer



Oh! Ouvrés ouvriers
Traçant les cathédrales,
Avoir courbé le dos
Devant mules et bœufs !
Le chant de vos entrailles
N’est plus que champ d’épines
Nous-nous en irons vers la mer



Le corps baigné de sueur
Abdiquant au seuil marin
Ils délaissent les vieux monts
Enchaînés aux navires
Et bravant les embruns
Et chevauchant la vague
Nous-nous en irons vers la mer



Terres, mers lumière, ombre
Populeuses villes, rivières
Dryades, déités, légendes
Et toute autre derrière elles
Ames d’hommes et d’enfants
Mères, épouses, filles égales
Nous-nous en irons vers la mer.

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05.10.2006

Chabtine, village de la montagne libanaise

medium_olivier.jpgLe Liban ce n'est pas seulement la guerre. Oui ce pays est convoité pour sa beauté, son eau et sa situation stratégique. Mais il y a aussi de gens sans pouvoir et sans besoin de pouvoir qui ne désire que vivre ensemble dans la paix. Mon ptit coin, au bout de la méditerranée est niché dans la montagne libanaise sur les pentes plantées d'oliviers et figuiers...



MATIN A CHABTINE

Quand le coq du matin jette son cri, le cou tendu vers les sept collines, je décidai à la fraîche de découvrir les recoins de Chebtine. Le soleil dorait déjà la rue, la treille semblait encore humide. Je marchai le long des ombres qu’étalaient les oliviers. Je suivais la route vers Alali-Mehmaiche. A mi-pente, on m’invita déjà. De la maison ouverte, on sentait la quiétude, le souffle paisible des odeurs anciennes. Douces effluves qui couraient les allées, autrefois quand les toits n’étaient pas encore malades de fils d’arantèles alourdis des poussières de la route. Dans la pièce d’entrée, le gris usé des boiseries, les moulures menuisées, me rapprochèrent d’un passé d’images d’aïeule tant aimée. La maîtresse de maison, une femme au visage buriné de soleil, illustrait la dignité, droite comme une Bellini de ‘’Degas’’. Le kawa sentait bon et je ne pus ni ne voulus refuser l’invitation. De l’entrée l’ambiance était calme et sereine, au goût d’éternité, passé riche de souvenirs bruissants d’enfants, de bouquets sur la table, d’odeurs de biscuits à l’eau de rose. Je mourai d’envie de visiter les autres pièces mais un bébé dormait à côté et nous prîmes le café dans le petit salon aux banquettes de tissus bariolés, sobrement meublé mais chargé des vibrations, fantômes de tous les visiteurs passés.
...Le kawa se but lentement, comme souvent entre deux nouvelles du bourg. Presque une matinée, parce qu’ici prendre son temps est précieux. L’horloge sait encore s’arrêter, le temps est un ami…
J’avais les pensées tournées vers le passé au temps des piles de draps blancs bien pliés dans les armoires. Du lin cousu main et brodé, protégé des mites par les boules de camphres, linge sentant la lavande glissée sous les tissus. Un passé où fument de grandes bassines rouges à la confiture brûlante.
Je pris congé de mon hôtesse en sachant bien que je la reverrai bientôt et décidai de gagner le centre du quartier haut par une raidillon d’où me parvenait une odeur et un chahut de basse-cour. Un chat fila en flèche abandonnant la douce fraîcheur nocturne de son sofa de ciment : un inconnu entre dans son territoire, c’est chose peu commune dans son hameau. Il faut dire qu’ici, les chats sont à demi sauvages et nourris par quelques bonnes âmes secourables. Alors, selon la prodigalité de la main, ils établissent une alliance avec les humains : nourriture contre chasse aux souris et parfois scorpions. Eux ne demandent pas d’autorisation pour chercher les pièces agréables et s’y installer, fuyant la torpeur des collines torrides.
Devant la basse-cour, les poules s’affolent : cet homme qui passe n’est pas dans leurs habitudes ; étrangers, même parmi les poules ! Dans ce petit quartier pentu, les maisons sont jolies. La pierre blanche et les fenêtres à l’orientale donnent un gai équilibre qui vous invite à rester et à imaginer que tout près, on pourra se construire un petit havre à l’ombre des néfliers. Traversant la route d’Alali, je découvre un sentier rocailleux qui donne dans une ruelle où l’on passe sous les lourdes grappes de raisins : elles s’offrent rondes et juteuses, le long des ceps tordus qui dressent leurs poings puissants au bouts des fils tendus. Puis de simples et claires maisons offrent leurs toits plats ; quelques cris d’enfants et de femmes percent le calme impressionnant du quartier. Plus bas, je croise de nouveau dans son lit de sable de rocs blonds et ocre, l’oued asséché. Sa courbe disparaît dans une gorge, sous les chênes tordus et les oliviers centenaires. Le bleu-vert des figuiers se marie avec l’argent des oliviers. Le soleil à ce moment tombe à l’aplomb. La terre renvoie sa lumière et la sueur perle à mon front. Alors je descends vers l’église. Une rue de jasmin m’enlace, amoureuse. Je sens monter en moi comme une légèreté, comme un lever de soleil intérieur, une inspiration rafraîchissante au plus profond des mes cellules. Je marche en rêve, lentement, pesant mes pas dans la pente. J’imagine que si je devais poursuivre la ligne au loin, j’irai tomber dans la mer pour m’égarer dans l’aube irréelle.
Quand les toits lourds de chaleur se serrent dans l’espace chauve de la colline aux flancs dépouillés, j’ai l’espoir de savoir un jour rompre les lignes et peindre les éclats seuls, dans la brisure de mes paupières serrées. Alors mes pensées hésitantes inventeraient une autre clarté pour qu’il me revienne au fond du cœur un tableau au couleur du Metn. Une brise au goût de menthe s’empare de mes sens. Un taboulé se prépare ou peut-être un fattouche. J’esquisse mentalement les parfums et les goûts… Au déjeuner, ils seront bien frais. Les herbes auront offerts aux plats leurs saveurs inégalables.
L’essentiel devient pour moi une fragance de thym, romarin… de menthe et de persil. Les Dieux ont donné ce luxe aux humains pour qu’ils s’apaisent. Après l’émerveillement du palais, qu’ils suivent enfin le chemin de la Terre et de la Paix.
Il y a des pas qui mènent au simple bout d’une rue et pourtant qui semblent un long voyage entre arôme et épices. Voyage des sens et de l’imagination. Ce voyage tient aujourd’hui, dans un carré de rocaille méditerranéenne.

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Tendres moments

Une lumière douce traversait les rideaux
Jouant une scène intime sur les corps allongés
Je restais silencieux marchant dans un palais
Le coeur affamé de vos douces présences.
J’allai sur la terrasse donnant sur le jardin
Quand le raisin est vert sous la treille à Chabtine,
Quand venait ce chaud désir d’une sieste,
Qui me tendait les jambes comme un arbre alangui.
Chaque souffle tiède glissant dans la ramure
Comme miracle de l’air était alors béni.
Le silence était bon dès le petit matin
Ou bien quand le soleil abandonne les terres
J’aimais m’aventurer le soir dans les collines.
Même si je suis encore au plus loin de la terre,
J’ai le souvenir tout chaud de ces jours passés
D’un petit chat sauvé, tombé au fond d’un trou.
Rappelez-moi la promesse un jour de revenir
Suivant les hirondelles cherchant le paradis ;
Saluez pour moi les chênes, figuiers et oliviers,
Ceux qui m’ont apporté leur ombre d’un été.
C’est toujours au verger que je vous imagine
De ce doux été, l’image, reste de vous penchée,
Sur un tapis de menthe ou bien d’oignons séchés.
Et c’était bonheur de surprendre dans le sombre
De vos yeux, noblesse et tant de générosité,
D’y percer la malice et tant de transparence,
De vous voir pliée vers cette terre heureuse
Ou parler du passé, un sourire jeune aux lèvres.
Alors en ces jours vous êtes juste et belle.

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Le Val de Creuse

Mon Val de Creuse est un joli coin de verdure entre Argenton sur Creuse et le bout du lac d'Eguzon, aux ruines du château de Crozant.

VALLON

Le brouillard comme une falaise
avance sa nuit de plâtre
et roulent sur mon visage
les épaisses brumes de l’ennui.
Sous les eaux sombres métissées
conspirent les schistes et les micas.
N’est ici que la profondeur des pierres
et pourtant, après la rosée,
un monde est à venir,
un miroir,

aux yeux, adoucissant. (jk 2006)

Vers d'autres lieux...

BIEN ETRE SANTE:

http://www.digitopressure.com/

http://www.passeportsante.net/

http://soignez-vous.com/

http://www.naturosante.com/

http://www.logidiet.com/dietetique-pratique/index.html

http://www.masantenaturelle.com/

http://www.20six.fr/sofrorelax36/ blog de J. Kerdraon

http://sophrorelax.over-blog.com/ blog de J. Kerdraon

http://www.movingblog.com/jsp/bloghomepage.jsp?prefixblog...

http://www.placepublique.org/reikirelaxation blog de J. Kerdraon

http://www.annuaire-bien-etre

www.sophrologie-info.com , site regorgeant d'infos sur la sophrologie


EVOLUER

http://www.buddhaline.net/

http://www.terre-inipi.com/

http://www.biorespect.com/

http://christian.zussy.free.fr/

http://sergecar.club.fr/index.htm (philosophie)

http://revel.unice.fr/ (philosophie)

http://parler-libanais.blogspot.com/ (apprendre le libanais)


PLAISIR D'ECRITURE

http://www.expression9.com/ vous y trouverez mes écrits

http://spaces.msn.com/members/kerdraonjoel/ écrits sur le Liban

http://www.sanesociety.org/ mes extraits de roman

http://www.mille-poetes.com/

http://www.chez.com/kevisa/?

http://www.haikunet.org/

http://www.webzinemaker.net/beramelo/

http://www.lepatron.ca/ (corriger l'orthographe et la grammaire de vos écrits)

http://bonpatron.com/


EDITER VOS OEUVRES

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ENCYCLOPEDIE

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et aussi acheter d'occasion http://www.2xmoinscher.com/... merci odil :-)

et ... amazon


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discuter autour de la sophrologie, le forum des sophrologues: http://kerdraon.oldiblog.com/

Bonjour



BONJOUR....

Pour s'amuser, un ptit BLOG qui vous renvoie vers d'autres sites utiles

Il y aura des photos pour le moment du Val de Creuse, la région où nous avons creusé nos trous de hobbits, des photos du Liban où nous avons une partie de la famille.
Des histoires et contes extraits de mes sites plus ''pros''.( enfin si on veut ! )

Alors je vous souhaite un agréable moment de détente :-)

Je remercie Odil, Michka, Dmerlen; Bernard pour leurs commentaires et bienvenues dans la blogo50sphère.

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